Les ITVs de la Morue -épisode 3-
- Tiphaine
- 16 janv. 2020
- 7 min de lecture

Aujourd'hui, c'est CHARLOTTE qui répond à mes questions sur la sexualité avant, pendant et après ses grossesses. Charlotte, elle est pour moi la "girl's next door", la copine découverte sur instagram, cool, gentille et drôle.
Bonne lecture !
1/ Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Charlotte, j’ai 33 ans et demi. Oui je compte encore les demis. Je suis en couple depuis presque 8 ans avec Dan.
Je vis en banlieue parisienne depuis toujours et bosse à Paris dans un cabinet de recrutement depuis 7 ans.
2/ As-tu des enfants ? Combien ?
J’ai deux enfants. Rose 5 ans et Vadim qui aura 3 ans au mois de mai.
3/ Quand as-tu consulter pour la 1ere fois une sage-femme/gynéco ? Et pourquoi ?
Mes parents nous ont élevés ma petite sœur et moi de façon assez libre et sans tabou en ce qui concerne la sexualité. Ils sont particulièrement jeunes (20 ans de plus que moi) du coup j’ai toujours vu une nette différence avec les parents de mes copines.
On a toujours parlé de tout, je me souviens de discussions à table où mon père me demandait où est ce que j’en étais avec les mecs.
D’ailleurs cela choquait pas mal mes copines, mais j’ai toujours emmené chez moi mes mecs, et même plan cul.
J’ai eu ma première relation sexuelle à 17 ans, j’étais à peine rhabillée que j’ai appelé mes parents pour leur dire, je te laisse imagine la tête du mec de 17 ans. Super choqué le pauvre.
Donc c’est assez naturellement vers 15/16 ans que ma mère m’a dit d’aller voir un gynécologue pour effectuer un « contrôle » et me faire prescrire la pilule.
J’étais hyper stressée mais j’y suis allée, la gynécologue était froide, elle ne m’a parlé de rien et m’a prescrit la pilule après le premier frottis de ma vie.
J’ai d’ailleurs changé de gynéco, et n’ai plus jamais consulté de femme – je ne pense clairement pas que ce soit lié au fait que ce soit une femme par contre.
4/ Ta sexualité s'est-elle modifié pendant tes grossesses ?
Vaste sujet, et quel tabou autour de ça !
Je vais être un peu longue mais il faut expliquer le cheminement pour parler de sexe, car en ce qui me concerne, ce n’est quasiment qu’une question de psychologie.
Je suis tombéeenceinte de Rose très très très vite, en 3 semaines.
J’étais l’une des premières copines de mon entourage à rentrer dans cet univers incroyable. Comme beaucoup je m’étais donc fait une image de la grossesse assez idyllique. Et d’ailleurs, je me sentais tellement chanceuse, que je me suis interdis de me plaindre, ce qui est d’ailleurs un mood permanant chez moi « ne te plains pas tu as une chance incroyable ».
J’ai appris ma grossesse à 5 semaines, à la 6ème semaine j’ai commencé à avoir des nausées, puis des vomissements assez incroyables (10 par jour, jusqu’à ce que je finisse par vomir du sang et être hospitalisée deux semaines).
J’ai essayé tant bien que mal de vivre au jour le jour, je dormais ou je vomissais donc tu imagines bien que jusqu’à 4 mois et demi de grossesse ni lui ni moi nous n’avons pensé, sexe et même câlin. Par la suite, il ne s’est rien passé entre nous à part rêver de ce bébé dont nous avions envie.
C’est marrant Dan et moi, on est d’ailleurs devenu parents à cette période, on a arrêté de sortir, on a arpenté fièrement tous les rayons bébés pendant des mois sans plus du tout penser à que nous étions un couple.
Souvent on entend « c’est la future maman qui ne voulait plus avoir de rapport sexuel », c’était mon cas, mais Dan s’est aussi laissé aller sans plus du tout penser à ses envies sexuelles. Ce que je veux dire c’est que ce n’était pas un sujet à polémique entre nous « on fera l’amour quand elle sera sortie de là » .
La grossesse a avancé, et j’ai accouché de Rose sans que nous ayons eu un rapport pendant 8 mois (oh si je suis bête nous avons essayé de la faire sortir de mon utérus quand le jour du terme est arrivé avec, ce que tout le monde appelle la méthode italienne : une relation sexuelle en fait – c’était naze et ça n’a pas fonctionné).
Pour Vadim, je n’ai pas eu de nausées mais pas eu de rapport non plus (pas de bras pas de chocolat)
J’ai dit à Dan en début de grossesse : « hey mais là je ne suis pas malade on va avoir une vie sexuelle normale ».
QUE DAL je n’ai eu aucune envie de quoique ce soit pendant ma grossesse ; je ne peux pas te l’expliquer, j’ai pris un poids raisonnable, je ne me trouvais ni méga bandante ni méga moche. Dan l’a clairement bien moins vécu. Rose n’avait même pas deux ans, il sortait de 9 mois de désert sexuel, et là c’était reparti.
Je sais qu’on n’est pas là pour parler de lui, mais de mon point de vue, mes grossesses je les ai vécues à deux. Dan c’est un réel partenaire de vie, il est prévenant, et attentif au moindre de mes sentiments.
Je ne suis pas super facile de lecture, donc il m’a complimenté encore plus que d’habitude pendant mes grossesses. Alors même 3 ans après je n’ai pas d’explication à donner au fait qu’enceinte : je déteste le cul.
5/ As-tu fait de la rééducation du périnée ?
Oui, c’est bien la seule fois de ma vie où j’ai été une bonne élève.
5 séances pour Rose, 10 pour Vadim. La sage-femme était douce et avait de jolies boucles d’oreille en fruits.
6 / Après tes grossesses, qd as-tu repris les rapports sexuels ? ta sexualité a-t-elle changé ?
Ici c’est très important d’avoir le contexte de l’accouchement et/ou de la grossesse pour pouvoir parler de ce sujet. Je suis toujours agacée des infos balancées aux jeunes mamans sur ce sujet.
C’est tellement facile de dire « ah bah moi au bout d’un mois j’ai retrouvé une vie sexuelle épanouie, pas toi ??? »
Dans mon expérience de la maternité particulièrement chanceuse, j’ai eu deux accouchements par voie basse, en pleine journée, sans épisio, sans déchirure, sans forceps ou autre "outils" d’aide. J’ai accouché en 6 et 4h de deux bébés en parfaite santé qui sont resté sur moi et atterrir en douceur dans ce monde de brute.
Je n’ai jamais eu de problème de poids dans ma vie, j’ai pris 12 et 15 kilos pour mes deux petits bidules.
Le contexte est particulièrement important car tu le sais, je suis une chanceuse. Rien ne s’est mis en travers de mon chemin pour rentrer dans l’univers de la maternité avec douceur et sérénité.
Je n’ai pas eu de baby blues, quand Rose est né j’ai pensé « ma vie magique commence maintenant ».
Rose a fait ses nuits complètes à trois semaines, 21h – 7h.
Elle ne sait jamais réveillée plus que pour une perte de tétine par la suite, je n’ai pas connu une seule nuit hachée.
Nous sommes retournés, non sans hâte à notre vie sexuelle le jour où elle a fait ses nuits. C’était doux, c’était naturel, c’était parfait.
A partir de ce moment nous avons retrouvés notre vis sexuelle là où nous l’avions laissée 9 mois plus tôt. Rose a toujours dormi dans sa chambre porte fermé, même à 4 jours. Nous ne sommes même pas posés la question c’était logique. Pendant nos premières vacances, on mettait son petit lit dans les salles de bains des hotels pour être seuls dans la chambre
Idem pour Vadim ?
Oh non il n’avait pas de chambre, je me trouvais très moche, très grosse.
Il a fait ses nuits à deux mois, nous avons mis plus de temps à redémarrer notre rythme habituel.
Je dirais que notre vie sexuelle « classique » a repris à ses 6 mois, quand il est allé dans sa chambre (nous avons déménagé)
Sur la question : ta sexualité a-t-elle changé ?
C’est mon rapport à mon corps qui a changé, j’ai appris à l’aimer, Dan a continué à me désirer, à me le répéter, à faire attention à moi à chaque seconde de mes maternités.
Je ne sais pas si on fait plus ou moins l’amour qu’avant nos enfants. Ce que je sais c’est qu’on a développé une confiance, un dialogue, une attirance que l’on n’avait pas avant.
7/ A-t-on parlé sexualité avec toi pendant la grossesse, la visite post natale ou pendant la rééducaion du périnée ?
Personne ne m’a jamais parlé de rien à ce sujet. Même mes parents qui sont, vous le savez, assez libres. Je n’ai entendu aucun témoignage, aucune info sur ce que c’était le sexe après.
Un fois une sage-femme m’a dit « si vous ne voulez pas mettre des couches à 60 ans faites la rééducation du périnée. C’est tout.
8/ Quel rapport entretiens-tu avec ton corps ?
Merci à mon corps pour ces deux merveilleux enfants. C’est con de dire ça putain, mais c’est tellement vrai. C’est une double chance incroyable que tout se passe si bien, je trouve ça fou.
Mes grossesses ont changé ma perception de moi, j’ai réalisé que j’étais bien trop sévère.
Et je n’ai pas besoin de te dire que mon mec (enfin mari ; j’oublie que je suis mariée à chaque fois – j’ai l’impression que dire mari ça enlève le coté un peu bestial de la relation et qu’on arrive vite en charentaises, je n’ai rien contre les chaussons mais ça ne m’excite pas des masses) a changé ma vie de femme. Il a su me donner confiance en qui j’étais.
9/ Es-tu heureuse dans ta sexualité ?
Grave que oui.
Je peux dire non, je peux avoir méga envie, je peux dire à mon mec « allez viens on le fait vite fait car ce soir j’ai la flemme ».
Je peux faire ce que je veux en fait, et ça on a quand même à nous l’apprendre « fais ce que tu veux » c’est bien comme conseil non ?
10/ Aurais-tu des conseils à dire à une femme qui vient d'accoucher ?
C’est un conseil que j’appliquerai à tellement de chose dans la vie :
- Prends ton temps
- Renseigne-toi auprès d’amis de confiance
- Parle en a ta/ton partenaire.
Ce qui est important dans la sexualité ce n’est ni la fréquence, ni les acrobaties, ni les accessoires que tu utilises c’est que tu ne restes pas seule avec tes doutes.
Et surtout si tu as peur de retrouver ton clitoris dans un sale état après le passage d’une personne qui va beaucoup trop te prendre de temps : touche toi.
La sexualité ce n’est pas qu’avec quelqu’un.
J’ai trop parlé, salut et force et courage aux nouvelles mums, le tunnel prend fin un jour.

Merci Charlotte pour ta confiance. Vous pouvez la retrouver sur Instagram sur son compte : @mlle_charlotte_et_rose .
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